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"La peur ressemble à une couverture trop courte :
de quelque côté que vous la tiriez, elle laissera toujours
une partie de vous découverte."
(Extrait du film Le cercle des poètes disparus)
"L'aspect caractéristique de la peur panique réside dans l'incapacité
à comprendre clairement ses causes de façon claire,
on les suppose plutôt qu'on ne les connaît, et dans le fait que
l'on finit par faire de la peur elle-même la cause de la peur."
(Arthur Schopenhauer) |
Eric : Je vis dans la peur d'être attiré par des miroirs et de m'y cogner violemment...
Anna : J'ai peur de sortir seule sinon je panique ; il faut toujours que mon mari m'accompagne... cela devient invivable tant pour lui que pour moi !
Ernest : Dans le passé, j'ai eu des problèmes de colite... puis je me suis mis à avoir peur de ne pas pouvoir me "retenir" au boulot. Cela m'angoisse terriblement... J'avale des tonnes de médicaments et ne sors pratiquement plus...
Sophie : Tous les moments de ma vie sont affectés par la terreur que j'ai d'être contaminée par le virus du sida... Je m'efforce d'éviter tout ce que je perçois comme étant contagieux... Je porte désormais des gants blancs pour éviter tout contact direct avec autrui et à la maison je désinfecte tout et tout le temps... Je me lave les mains avec du désinfectant à de multiples reprises à tel point que j'en ai des plaies !
Jean-François : Plusieurs fois par jour, pendant et avant certaines actions, dont quelques-unes sont des gestes ordinaires, je me sens dans l'obligation de me répéter mentalement des formules qui sont constituées de mots, de chiffres, ou de nombres. Cela ralentit toutes mes activités et me torture mentalement de faire toutes ces choses irrationnelles !
L'anxiété ou la peur est une réaction normale à une situation menaçante. Un certain degré d'anxiété peut être bénéfique pour nous aider à mieux faire face au danger. Cependant si cette réaction se généralise à toutes les situations de la vie courante ou si elle se révèle sans commune mesure avec le danger réel, il y a problème.
Il faut tout d'abord distinguer l'angoisse névrotique, où la personne se rend bien compte de l'irréalité du danger (" J'exagère, je ne devrais pas penser comme ça ! ") de l'angoisse psychotique (p.ex. la schizophrénie) où le danger imaginaire (" Les martiens attaquent ! ") est faussement perçu comme réel.
Différents types de troubles anxieux peuvent être mis en avant en se référant au DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manuel - Revision 4) : angoisse, anxiété, panique, phobie et obsessions.
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La peur est une réaction globale liée à une menace précise et identifiable, présente ou à venir.
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L'anxiété est relative à un danger plus vague, plus lointain, souvent imaginaire.
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L'angoisse, elle, fait plus intervenir le corps : elle reflète - ethymologiquement parlant - le phénomène de reserrement (la gorge, la poitrine,...).
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Lorsque la peur atteint un paroxysme (une attaque), on parlera de panique.
Les principales névroses phobiques sont :
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L'agoraphobie (avec ou sans attaque de panique) : crainte de se retrouver dans des endroits d'où il pourrait être difficile (ou gênant) de s'échapper ou dans lesquels on pourrait ne pas trouver de secours en cas d'attaque de panique (se retrouver seul en dehors de son domicile, être dans une foule ou une file d'attente, sur un pont ou dans un autobus, un train ou une voiture,...). Cette crainte entraîne une restriction des déplacements ou un besoin d'être accompagné en dehors du domicile ; ailleurs, le sujet subit les situations génératrices d'agoraphobie bien qu'elles provoquent une anxiété intense.
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Les attaques de panique : non liées à une situation particulière et donc non prévisivibles. Elles débutent typiquement par des symptômes neurovégétatifs, tels que palpitation cardiaque, accès de sueur, tremblements, douleurs de poitrine, suivis rapidement par une peur panique de mourir ou de perdre le contrôle.
- Les troubles obsessionnels compulsifs dits TOCs : ce sont les tics, les "manies", comme la manie de contrôler si on a tout bien fermé avant de partir ou si tout est propre. Les rituels peuvent parfois prendre tellement de temps, qu'une vie normale n'est plus possible. Parfois, il s'agit de comportements uniquement mentaux : pensées obsédantes répétitives qui donnent l'impression au patient de devenir fou.
- L'hypocondrie : crainte ou croyance préoccupante d'être atteint d'une maladie sérieuse, fondée sur une interprétation erronée de certaines sensations ou signes physiques tenus pour preuves de cette maladie.
Pour venir à bout de ces problématiques, les personnes appliquent généralement deux solutions de base :
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EVITER, FUIR la situation ou l'objet problématique ;
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DEMANDER DE L'AIDE à l'entourage.
OR, selon les recherches de Nardone, la persistance d'un problème est entretenue par les solutions appliquées pour tenter de le résoudre...
Dès lors, me basant notamment sur les travaux du Centre de thérapie stratégique d'Arezzo en Italie, je m'efforce d'accompagner mes patients souffrant de troubles de cet ordre à sortir de leurs stratégies d'évitement et de demande d'aide pour apprendre à affronter leurs peurs.
Il est également possible de travailler indirectement en aidant l'entourage à identifier les tentatives d'aide qui ont souvent pour effet d'amplifier les symptômes chez la personne phobique.
Sur le thème des difficultés relatives aux peurs, je vous recommande quelques ouvrages intéressants :
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ANDRE, C., Petites angoisses et grosses phobies, Seuil, 2002.
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NARDONE, G., Peur, panique, phobies, L'Esprit du Temps, 1996.
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NARDONE, G., Psychosolutions, L'Esprit du Temps, 1999.

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